Je me réveille, puis petit déjeuner. La nuit a été plutôt mauvaise, mais sur un siège à peine inclinable, il ne faut pas s'étonner.

C'est après le déjeuner que les mauvaises nouvelles arrivent. Une annonce micro demande aux chauffeurs de poids lourds de plus de 7,5 tonnes de venir pour une information. Je me dis que je vais aller jeter un œil. J'arrive après la bataille, mais je vois que c'était la française qui m'a offert le café hier qui leur a parlé. Donc je vais lui demande ce qu'il se passe.

Elle m'annonce qu'on a 2h30 de retard sur l'horaire. Moi qui espérais arriver au Havre avant la nuit... Mais il y a plus grave. Les poids lourds sont interdits de circulation à cause de l'état des routes. Il a énormément neigé. Je lui explique que je suis en moto, elle me conseille de prendre une chambre d'hôtel à Cherbourg. Étant donné que j'ai des rendez-vous pour des appartements sur Paris le lendemain, et que toutes les pièces de mon dossier sont au Havre, je n'ai pas le choix, je dois y arriver le soir.

Une fois le bateau à quai, étant en moto, je suis le premier à descendre. J'arrive au poste de la Police de l'Air et des Frontières. Je donne mes papiers à un agent incrédule. Et je lui demande quand quel état sont les routes : "C'est déneigé jusqu'à Caen, après je sais pas.". Bonne nouvelle.

Je prends donc la route. C'était la balade la plus belle de ma vie. La route, bien que mouillée, n'est pas gelée, il fait froid, mais pas trop, la neige recouvre tout autour. Splendide. La route jusqu'à Sainte-Mère-Église était géniale. De là, la route vers Caen a été froide. Mais toujours pas de glace. Lorsque j'arrive à Caen, je crois toujours en ma chance. J'avais tort.

Je roule 1 km sur le périphérique sud, puis je trouve un trafic stoppé. Je passe donc entre les files et remonte calmement. 1km plus tard, je comprends mieux. De la glace recouvre la route. La neige a fondu, puis gelé à nouveau.

Je ralentis donc. Je continue calmement. Un peu plus loin, deux chauffeurs poids lourds parlent. Je leur demande s'ils savent ce qu'il se passe. Apparemment, quelques camions en travers sur la route. Je continue, un gars en 205 essaie de changer de file, je le laisse passer. Il ouvre sa fenêtre, et on discute un peu. Puis je repars. J'arrive à la sortie vers l'A13, celle que je dois prendre, c'est là que tout le monde essaie de sortir. En montant doucement pour pas glisser, je passe à côté d'un gars de la DDE. Et je l'entends crier "Hé ! Hé !". Je m'arrête : - Hé, mais t'es malade, faut pas aller par là, c'est tout verglacé ! - Ouais, je sais, mais j'ai pas trop le choix. Tu sais ce que ça donne la route ? - Bah je sais pas, c'est une compagnie privé, et c'est pas mon secteur, j'aide juste à déneiger le périphérique là. Tu vas jusqu'où comme ça ? - Le Havre - Ha ouais, quand même... Bon, bah bonne chance !

Du coup, je repars, et je m'arrête à la première station essence. Lorsque je rentre, ça fait comme quand un étranger entre dans un saloon dans les westerns. Un silence de mort s'installe. Et moi : "Ouais, je sais, c'était pas une bonne idée". Ça rigole, je discute avec des gens en buvant du café et en mangeant un sandwich. J'ai même un irlandais qui vient me voir car on était sur le même bateau.

Je repars tranquillement. Je prends un dos d'âne dans la station service. Et l'autre côté, un tas de neige que j'avais pas vu. J'ai failli tomber. De plus, le sol n'est pas droit, ce qui fait glisser la moto vers la gauche. Lorsque je reprends l'autoroute, c'est totalement déneigé. Classe. Je repars !

Tout se passe bien jusqu'à la sortie vers le pont de Normandie. Lorsque je sors là, je me rends compte que c'est pas déneigé. Alors je roule dans les traces des voitures qui sont passées avant moi. Lorsque j'arrive au péage, le gars me regarde, et bloque. Je lui tends ma carte et demande où est la pompe la plus proche, car j'ai peur de tomber en panne. Il me dit que la pompe de secours à 100m de là devrait marcher. Je roule donc dans la neige, et je fais le plein. Ca donnait ça :

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Je repars. La route est longue. Je roule lentement, entre 20 et 40km/h, avec la visière ouverte. J'arrive enfin au pont de Normandie. Dans la descente, j'entends un truc qui arrive vite derrière. J'ai juste le temps de baisser la tête lorsque 3 voitures déboulent à fond et projettent de la neige fondue sur moi. Bande de dingues...

Lorsque je veux passer le péage du pont de Normandie, ça va prendre une bonne minute à la nana pour comprendre ce que j'attends d'elle. 50cm de neige dans le passage gratuit pour les motos, j'allais pas tenter le diable.

La route jusqu'au Havre est totalement verglacée. Lorsque j'arrive au Havre, je vois un gars à vélo, avec au moins 2 doudounes sur lui, sur un vélo. Son visage s'illumine lorsqu'il voit qu'il n'est pas le seul dingue sur 2 roues.

Quand j'arrive chez ma mère, je n'ose pas monter la côte pour me garer chez elle. J'attache donc la moto à un poteau :

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Mission accomplie. Bon, ça m'aura quand même pris plus de 5 heures pour faire Cherbourg - Le Havre. Finalement, j'ai peu glissé. Mais on va pas recommencer de si tôt, hein ? :)